Teddy Goldsmith
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L'homme traditionnel suit le Chemin

Chapitre 61 de Le Tao de l'écologie : Une vision écologique du monde, Editions du Rocher (30 juin 2002).
« Le Tao est comme la Dikê, le Chemin, la voie de la nature; et l'ensemble de la religion de l'homme, tout sun effort moral, consistent à se mettre en harmonie avec le Tao. »
   Jane Harrison
« Si le monde suit le Chemin, les rapides coursiers engraissent les labours.
Mais s'il ne suit pas le Chermn, les chevaux de combat pullulent dans les faubourgs. »
   Lao Tseu (VI siècle av. J.-C.)
« L'homme suit la Terre
La Terre suit le Ciel
Le Ciel suit le Tao
Et le Tao suit ce qui est naturel »
   Lao Tseu

Comme le développement de l'embryon dans la matrice, chaque processus du vivant suit nécessairement une constellation prescrite de chréodes, ou itinéraires, pour atteindre son état final et contribuer a l'ordre spécifique du cosmos. On peut donc parler - comme le fait Rupert Sheidrake [1] - de « chréodes comportementales » et également de « chréodes culturelles »: grâce à sa culture, une société est capable de se maintenir sur sa voie en corrigeant tout écart - dans la mesure où il se produit dans son intervalle de tolérance, donc son champ. Le Chemin qu'une société doit suivre est celui qui est conforme à sa loi traditionnelle, appelée Nomos par les Grecs anciens. Ils désignaient aussi le Chemin par Dikê, qui signifie justice, droiture ou moralité. Jane Harrison [2] nous apprend que Dikê était également « le Chemin du monde, la manière dont les choses se produisent ».

Le Chemin était encore désigné par Thémis, qui est pour Jane Harrison [3] « une voie particulière aux humains, que sanctionne la conscience collective ». Thémis était aussi considérée comme le Chemin de la Terre et parfois celui du cosmos lui-même, celui qui gouvernait le comportement des dieux. Par la suite, lorsque ces concepts ont été personnifiés, Thémis devint la déesse de la loi et de la justice, et donc de la morale. Le Chemin s'identifiait en outre à Moira, le sentier de la destinée ou sort. Les dieux chthoniens étaient subordonnés à Moira, comme ils l'étaient a Dikê, les deux coïncidant l'un avec l'autre.

Ainsi, pour Anaximandre [4], des éléments fondamentaux sont attribués aux différentes provinces et servent de base à l'ordre spécifique du monde naturel « comme il a été prescrit », notion dans laquelle, selon Cornford [5], « la nécessité et le droit se confondent ».

Chez Homère, les dieux sont subordonnés à Moira, et même à Dikê - forces cosmiques auxquelles sont soumis les dieux eux-mêmes et sont d'ordre moral. Face au destin et donc face à la loi morale, les dieux ne peuvent rien. Ils ne peuvent même pas sauver l'homme qu'ils aiment, nous dit Homère dans l' Odyssée, lorsque « la redoutable fatalité de la mort » le frappe. Hérodote [6] affirme aussi qu' « il est impossible même à un dieu d'échapper au destin qui est décrété ».

Le Chemin que devaient suivre les êtres humains était le même que celui que devaient poursuivre la société dans son ensemble, le monde naturel, le cosmos et donc les dieux. Une loi unique gouvernait donc la totalité de la hiérarchie cosmique. Comme l'écrit Pythagore [7],

« Thémis dans le monde de Zeus, et Dikê dans le monde d'en bas, occupent la même place et le même rang que Nomos dans les cites des hommes; de sorte que celui qui n'accomplit pas avec justice le devoir qui lui a été prescrit peut être considéré comme un violateur de l 'ordre general de l 'univers. »

Plus la position d'un individu était élevée, et donc plus grande la force vitale dont il était doué, plus il importait qu'il suivît scrupuleusement le Chemin. Ainsi, dit l' Odyssée, [8] quand un roi irréprochable maintient haute la Dikê, « les noirs sillons produisent les orges et les blés, les arbres sont chargés de fruits, les brebis prolifèrent et la mer donne du poisson grâce à sa droite règle, et les peuples sous lui prospèrent ».

La notion de Chemin a probablement existé, explicitement ou implicitement, dans toutes les sociétés vernaculaires. Le concept chinois de Tao désigne à la fois l'ordre et le Chemin du cosmos. Le terme Tao s'applique [9] à la « revolution des cieux » quotidienne et annuelle et aux deux forces antagonistes et complémentaires -la lumière et l'obscurité, le jour et la nuit, l'été et l'hiver, la chaleur et le froid. De Groot [10] (1892) dit qu'

« il représente tout ce qui, dans l'univers, est correct, normal ou juste (ching ou twan); en fait, il ne dévie jamais de son cours. II inclut par conséquent tous les rapports corrects et vertueux entre les hommes et entre les esprits, qui seuls favorisent le bonheur universel et la vie. »

Le Tao représente le cours naturel des choses. Comme l'écrit Joseph Needham [11] était considéré « non seulement comme informant sur toute chose, mais comme la nature, la structure même de toutes les choses particulières et différenciées ». Feng Yu-Lan [12] considère le Tao comme « le principe premier qui englobe toute chose ». Tous les êtres vivants, y compris les humains, sont immergés dans l'ordre naturel, gouverné par le Tao, qui en est le principe directeur. « Le Tao, comme ordre de la nature, gouverne leur action », écrit Feng Yu-Lan [13]. Les hommes suivent le Tao en agissant conformément à la nature. En termes taoïstes, cela veut dire se conformer au principe du Wu Wei car, écrit WingTsit Chan [14], « lorsque toutes les choses obéissent aux lois du Tao, elles forment un tout harmonieux et l'univers devient un organisme intégré ».

Dans l'Egypte ancienne, nous apprend Siegfried Morenz [15], la notion de Maat jouait un rôle semblable. Maat signifiait « l'ordre juste dans la nature et la société tel qu'il a été établi par l'acte de la création ... ce qui est bon, ce qui est correct, la loi, l'ordre, la justice et la confiance » - non seulement dans la société, mais dans le cosmos entier. Fait significatif, le dieu Rê était à la fois seigneur du cosmos, seigneur du jugement, des morts et seigneur de Maat. Lorsque plus tard Osiris prit un rôle dominant dans le panthéon égyptien, il devint seigneur de Maat. Bien que né avec la creation, Maat demandait à être renouvelé et protégé. En consequence,

« Maat n'est pas (...) seulement l'ordre juste, mais aussi l'objet de l'activité humaine. Le Maat est à la fois la tâche que l'homme s'assigne et ce qui lui est promis, la récompense qui en toute justice l'attend une fois sa tâche accomplie. »

Parce que l'Egypte ancienne était un royaume centralisé, gouverné par un roi divinisé, c'est à lui qu'incombait la sauvegarde de Maat et de l'ordre cosmologique. Nous lisons ainsi dans des textes de l'époque, édités par Morenz [16], que « le ciel est en paix, la terre en joie, car ils ont appris que [le roi défunt] établira la justice à la place du désordre [Isft, le, contraire de Maat] ».

Ou encore, Toutânkhamon (v.1354-v 1373 av.J.-C.) « a banni le désordre [Isft] des deux terres et Maat est fermement rétabli : il a fait du mensonge [Grg] une abomination et la tere est redevenue ce qu'elle était ». C'est ce lien éroit entre le roi et Maat quit conférait l'autorité à ses décrets. Ce qu'il ordonnait participait nécessairement de Maat que ses sujets devaient suivre.

Une notion proche existait dans l'Inde védique. On l'appelait le R'ta. « Les processus dont la perpétuelle uniformité ou la récurrence régulière donne naissance à la représentation de l'ordre, écrit Ma\urice Bloomfield [17], obéissent au R'ta et leur occurrence est R'ta ». Nous pouvons lire dans les Védas :

« Les rivières coulentR'taR'ta la lumière céleste est venue au matin (...) L'année est le chemin du R'ta. Les dieux eux-mêmes sont nés du R'ta : ils montrent par leurs actes qu'ils connaissent, respectent et aiment leR'ta. Dans l'activité humaine, le R'ta se manifeste en tant que la loi morale. »

Le R'ta représente aussi la vérité, même si dans un contexte philosophique la vérité est généralement appelée Satya/ L'erreur, bien qu'on l'appelle parfois Asatya, se dit en général An'R'ta : elle est donc considérée comme ce qui s'écarte du Chemin.

Comme le fait remarquer Krishna Chaitanya [18], le poète védique a pleinement conscience que pour recevoir les dons de la nature, l'homme doit obéir au R'ta : « Pour celui qui vit en accord fleuves versent des douceurs. Que les plantes aussi soient pleines de douceur pour nous. » Le grand Hymne à la Terredes Védas exprime avec clarté la conviction que l'homme est soumis à l'ordre cosmique et que son rôle est de le maintenir en respectant la loi antique. Le poète y exprime sa foi dans l'ordre éternel et dans le devoir humain de le préserver.

C'est cet ordre qui a lié « les rochers, la terre, les pierres et la poussière » de telle sorte que « les arbres, seeigneurs des forêts, sont fermement égrigés sur leurs racines ». C'est cet ordre qui entraîne en « un flot inaltérable, nuit et jour, les eaux communes à tous », et nourrit « les champs de blé, nourriture des quadrupèdes et des bipèdes ». En tout ceci le poète manifeste un respect qui unit le pratique au spirituel : « Ce que j'arrache de ton sein, ô Terre, puisse-t-il croître à nouveau sans tarder. O purificatrice, garde-nous de blasser tes forces vitales ou ton coeur. [19] ».

Plus tard, la notion de Dharma fut utilisée par les hindous dans un sens similaire, écrit A. M. Hocart [20] (1883-1939) :

« Le mot Dharma qui étymologiquement signifie » soutien », » appui », exprime cette constance, cette normalité de l'universe qui engendre les bonnes récoltes, le bétail gras, la paix et le contentement. »

Ce mot décrit la manière dont les animaux, les hommes et les choses sont censés se comporter ; il est la loi naturelle. Le soleil est parfois assimilé au Dharma, parce qu'il règle le cours des saisons ; à d'autres occasions, on le considère gouverné par le Dharma. Parmi les dieux, Varuna est le « Seigneur de la Justice » et donc du Dharma : il édicte les règles de l'univers. Lorsque le roi accède au trône, aon considère qu'il joue vis-à-vis de son peuple le rôle de Varuna vis-à-vis des dieux. Pour cette raison, on le perçoit aussi comme le « Seigneur de la Justice ». Dans l'hindouisme balinais, écrit Eiseman [21], le Dharma est considéré comme « la force organisatrice, garante de l'ordre, l'organisation qui préside à l'univers tout entier, les relations entre ses diverses parties et les actions au sein de ses parties. »

La notion de Dharma fug également reprise par les bouddhistes, qui l'introduisirent en Chine, où le Dharma du bouddhisme mahayana s'identifiait au Tao. De Groot [22] définit le Dharma bouddhique comme le loi universelle qui gouverne le monde dans la totalité : « Il existe au bénéfice de tous le êtres, car sa manifestation première, la lumière du monde, ne répand-elle pas ses bien-faits sur tous les hommes et toutes les choses ? » Quand un lama bouddhiste fait tourner son moulin à prière, il accomplit un rite qui a une signification profonde à la fois pour le Dharma et pour le R'ta. Non seulement les prières qui y sont inscrites sont répétées par l'assistance, mais, comme le remarque Jane Harrison [23] :

« Le lama se met en syntonie avec la Roue de l'Univers ; il accomplit l'acte Dharma-Chakra-Pravartana « las mise en Mouvement de la Roue de la Justice ». Il n'ose faire tourner la roue en sens inverse, de crainte de perturber l'ordre de la nature tout entière. »

L'Avesta des anciens Perses parle aussi du Chemin et l'appelle Asha, le représentant céleste de la justice sur Terre. Chantepie de la Saussaye [24] dit que la justice est la loi de la vie, de même que Asha est le principe de toute existence bien réglée, et que l'instauration ou l'accomplissement de la justice est la fin à laquelle tend l'évolution de l'univers.

Dans le judaïsme antique, Mishpat signifiait justice ou moralité et Sedeq signifiait aussi le juste droit. Ces vertus sont attribuées à Dieu, mais selon Robert Murray, « la vision prédominante est celle d' une société humaine en harmonie avec les cieux » . [25] Cette harmonie, Shalom, signifie « paix », mais il ne s' agit pas uniquement de paix entre les individus mais également entre la terre et le Ciel, et d'ordre moral ou cosmique ou encore de « fonctionnement harmonieux de toute la nature comme Dieu l'a créée ». [26] Comme dans les autres civilisations antiques, le roi joue un rôle essentiel dans le maintien du Shalom. Selon Murray,

« si le roi agit selon le don divin de Sedeq, son royaume s'en trouvera béni, il remportera des victoires sur ses ennemis et leurs terres seront fertiles, tout jouira de Shalom. » [27]

Des traces de cet aspect du judaïsme antique se retrouvent dans quelques psaumes, en Esaü et dans le livre d'Enoch, 1.

Il est à noter que lorsque la Bible fut traduite en grec, les termes dérivés de Sedeq tels que Sedaqah furent traduits par Dike et ses dérivés Dikaios et Dikaiosyne. La même notion a été reprise par les premiers chrétiens pour qui Dikaios ou justice, imprégnait leur relation à Jésus d'une dimension cosmique. Il va sans dire, ce terme a peu à peu perdu sa dimension cosmique, tout particulièrement après la Réforme.

Si suivre le Chemin consiste à maintenir l'ordre spécifique du cosmos, on peut considérer que le comportement d'une société qui le suit est homéotélique. Lorsque, au contraire, il est hétérotelique, on peut alors estimer qu'elle suit le faux chemin, celui qui met en péril l'ordre du cosmos et provoque nécessairement les pires ruptures d'équilibre.

On lit dans les Védas, écrit Chaitanya [28], que le R'ta, quoique bienveillant d'ordinaire, peut aussi être « sévère et violent » quand il y a transgression. « Brihaspati conduit le redoutable chariot du R 'ta pour détruire les mauvais », ceux qui violent les lois éternelles et menacent ainsi l'ordre spécifique du cosmos. Ces derniers doivent être considérés comme égarés sur le faux chemin: l'An-R 'ta de l'Inde védique, le contraire du R'ta, ou l'Adharma des bouddhistes, le contraire du Dharma.

Chez les anciens Egyptiens, l'anti-chemin était appelé Isft. En Grèce, on le désignait par ou Thémis, l'opposé de Thémis (qui tantôt signifiait l' « ordre social » et tantôt l' « ordre du panthéon », et aussi le chemin à suivre pour instaurer cet ordre).

Suivre I'ou Thémis ne pouvait se faire impunément. Les Grecs pensaient que la Thémis (ou Dike) prenait alors une forme très différente, celle de la Némésis, que Cornford considère liée au Nomos - à son tour associé au Némos, le bois sacré, très certainement lieu de culte des anciens Grecs, comme il l'était pour les Celtes. Némos, ou Némésis, habitait dans ce bois.

Peut-être était-elle à l'origine identifiée à Artémis ou Diane chasseresse. Elle était aussi une déesse de fertilité, proche alliée de Fortune, « la dame qui produit les fruits de la terre ». Cependant, comme le fait remarquer Cornford [29], « celle qui dispense les bienfaits peut aussi les refuser ou, au lieu de bénédictions, répandre des fléaux; la terrible puissance qui hante le Némos peut anéantir le profane qui envahit son sanctuaire ».

Dans les temps antiques, lorsque Némos était un bois sacré, écrit Donald Hughes [30], Némésis répandait sa vengeance sur ceux qui osaient y pénétrer. Plus tard, lorsque les bois sacrés furent abandonnés, Némésis devint la gardienne de la loi, celle de Nomos et donc de Dike.

La mythologie classique est remplie de récits dans lesquels la Terre se venge de ceux qui détruisent la nature. Ainsi, Erysichthon, dont le nom signifie « déchireur de la terre », osa porter une hache criminelle sur un arbre habité par une dryade, nymphe protectrice des bois et des forêts, en dépit des protestations de l'esprit de l'arbre. La dryade s'en ouvrit à la Terre-mère, qui affligea Erysichthon d'une faim insatiable. Orion lui clamait qu'il allait tuer tous les animaux du monde. Cela aussi fut rapporté à la Terre-mère, qui envoya un scorpion monstrueux le tuer. Aujourd'hui, Orion et le Scorpion sont des constellations en opposition [31].

La société moderne a entrepris de s'écarter systématiquement du Chemin. Son but premier est le développement économique ou progrès, qui ne peut s'accomplir qu'en perturbant méthodiquement l'ordre spécifique de l'écosphère, en la détruisant pour la remplacer par une organisation entièrement différente - la technosphère - qui tire ses ressources de l'écosphère, qu'elle encombre de déchets de plus en plus toxiques en quantité toujours croissante. L'envers de l'expansion de la technosphère est la désintégration et la contraction de la biosphère, tandis que le comportement nécessaire pour atteindre ce but de la société moderne est d'évidence le faux chemin (voir Chapitre 64).

References

1. Sheldrake, R., The Presence of the Past, pp.150-154.
2. Harrison, J., Themis, p.517.
3. ibid., p.517.
4. Anaximandre, cité par Cornford, F M., From Religion to Philosophy, p.8.
5. Cornford, F M., op.cit., p.12.
6. Hérodote, cité par Cornford, op.cit., p.12.
7. Jamblique, cité par Cornford, op.cit., p.54.
8. Homère, cité par Harrison, op.cit., p.532.
9. Groot, J. J. M. de, The Religion of the Chinese, cité par Cornford, op.cit., p.45.
10. De Groot, ibid., p.174.
11. Needham, J., The Great Titration, pp.36-37.
12. Yu-Lan, Feng, A Short History of Chinese Philosophy, cité par Peerenboom, »Beyond naturalism", p.4.
13. Ibid., p.5.
14. Chan, Wing-Tsit, A Source Book in China Philosophy, Cité par Peerenboom, op.cit., p.9.
15. Morenz, S., Egyptian Religion, p.113.
16. Ibid., p.114.
17. Bloomfield, M., The Religion of the Veda, p.175.
18. Chaitanya, K., A Profounder ecology, pp.127-128.
19. Ibid., pp.127-128.
20. Hocart, A. M., Kings and Councillors, p.142.
21. Eiseman, F., Bail, Sekala and Niskala, p.12.
22. De Groot, J. J. M., The Religion of the Chinese, Cornford, op.cit., p.176.
23. Harrison, J., Themis, p.526.
24. Chantepie de la Saussaye, P. D., Manuel d'Histoire des Religions, in Cornford, From Religion to Philosophy, p.176.
25. Murray, R, The Biblical Vocabulary of Justice , p.1.
26. Murray, ibid., p.1.
27. Murray, R., ibid., p.1.
28. Chaitanya, K., op.cit., p.127-135.
29. Cornford, op.cit., p.33.
30. Hughes, J. D., Gaia: an ancient view of the planet, pp.54-60.
31. Hughes, ibid., pp.54-60.
DESSUS409306   

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