
Qu'est-ce que l'écologie ?
Publié dans L'Ecologiste n°. 12, avril-mai-juin 2004.
L'écologie s'est constituée en discipline académique à la fin du XIXe siècle, lorsque des biologistes ont observé que les organismes vivants ne se distribuaient pas au hasard, mais s'organisaient, au contraire, en « communautés » ou en « associations » dont la structure et le fonctionnement ne pouvaient pas se déduire de l'examen des parties isolées. Deux précurseurs américains parmi les plus distingués, Frederick Clements (1874-1945) et Victor Shelford (1877-1968), l'ont alors définie comme « science des communautés ». [1] L'écologie des origines s'occupait de groupes entiers, c'était une science « holiste. »
Ecosystème et organisme
Dans las années 1930, l'écologiste [2] d'Oxford Arthur Tansley (1871 - 1955) a forgé le mot « écosystème » [3] pour désigner une communauté associée avec son substrat géologique et son milieu atmosphérique. Clements et Shelford, s'ils revenaient, qualifieraient sans doute l'écologie « science des écosystèmes ».
L'ensemble constitue une véritable unité de comportement, c'est-a-dire un système naturel.
Dès 1896, Stephen A. Forbes [1844-1930] déclarait « Un groupe ou une association d'animaux sont pareils à un organisme. » [4] Dans le premier ouvrage américain d'écologie animale, publiè en 1913, Charles C. Adams (1873-1955) insiste :
« Il faut comparer les interactions entre les membres d'une association à celles, similaires, existant entre les diverses cellules, les divers organes voire los diverses occupations d'un même individu. » [5]A. Thienemann [1882-1960] ira plus loin, considérant les êtres vivants d'une communauté lacustre comme « une unite si fermée qu'on doit la qualifier d'organisme d'un ordre supérieur. » [6] Et Clements reprend, en 1916, dans son livre Plant Succession : « L'unité de végétation, la formation climacique, [7] est une entité organique. Comme un organisme, elle naît, grandit, devient adulte et meurt. » [8] tout les manuels décologie défendaient le concept de communauté en tant que supra organisme, hautement intégré. « C'est ce concept surtout, notait Bodenheimer [1898-1964] qui distingue l'écologie de la blologie proprement dite. » [9]
Mais l'enseignement de l'écologie en Amérique du Nord devait abandonner cette voie pour suivre les idées réductionnistes et modernistes prépondérantes en physique et autres sciences « dures ». Il espérait ainsi conférer à une discipline relativement nouvelle la respectabilité necessaire à son entrée a l'université. Ainsi est né le reductionnisme en écologie, qui paraît une contradiction en soi.
L'approche réductionniste
Le réductionnisme consiste, selon W H. Thorpe, « à n'attribuer de réalité, exclusivement, qu'aux constituants les plus petits et à interpréter les niveaux supérieurs d'organisation, à partir des niveaux inférieurs. » [10] En somme pour cette approche, seuls les atomes et les particules sont réels.
L'apparition de la biologie moléculaire a transféré aux molecules la réalité naguère reconnue aux atomes. Francis Crick, qui a découvert avec James Watson la structure hélicoïdale de l'ADN, [11] soutient ainsi que les molecules constituent la seule réalité. Le biologiste prix Nobel Jacques Monod (1910-1976) affirme que « interprétation d'un certain nombre de caractéristiques essentielles des êtres vivants se situe au niveau moléculaire » ; et va jusqu'à dire :
« La propriété très fondamentale que j'appelle invariance, la capacité de la vie à se reproduire, le fait qu'un oeuf de grenouille engendre une grenouille et non pas un boeuf - ce qui constitue un fait très remarquable - peut s'interpréter en termes moléculaires, s'interprète complètement en termes moléculaires, ne s'interprète probablement pas autrement. » [12]
Ce faisant il commet, comme tant d'autres, le sophisme du concret, qui consiste, selon le mathématicien philosophe Alfred N. Whitehead [1841-1947] à « abstraire une partie pour lui attribuer la réalité même du tout. » [13]
Le cytologiste Paul Weiss [1898-1989), un des pères de la biologie holiste, commente, à juste titre : « Certes il n'est pas de phénomène des systèmes vivants qui ne soit moléculaire. Mais il n'en est pas un qui soit uniquement moléculaire non plus. » « Pire qu'une myopie », l'attitude de Monod et Crick relève, selon lui, de « l'aveuglement volontaire ». En effet,
« l'inventaire des molécules et autres constituants matériels ne décrit pas mieux le système vivant que les noms et adresses dans l'annuaire ne décrivent la vie d'une ville. C'est en vertu d'interactions ordonnées que les molécules deviennent partenaires des processus vivants. Autrement dit, par leur activité, qui implique nombre de composés disparates. Les phénomènes vivants consistent tous en comportements de groupes, impliquant des aspects non manifestes, pour qui en observe les participants séparés. » [14]
Mais non content d'appliquer le réductionnisme aux organismes, il s'agit d'y soumettre les sociétés. Des 1843 a Londres, John Stuart Mill affirme dans Le Système de logique déductive et inductive : « Les êtres humains en société ne présentent aucune propriété qui ne soit provoquée ou expliquée par les lois de la nature de l'individu. » Un siècle plus tard, Margaret Thatcher, Premier ministre du Royaume-Uni, le redira : « II n'y a pas de société humaine, il n'existe que des individus et des families. »
C'est exact - du moins, en grande partie - en ce qui concerne notre société désagrégée, morcelée, atomisée sous les coups du « développement économique » . Toutefois les sociétés vernaculaires, où Homo sapiens a vécu 99 % de son temps de séjour sur la planète, s'organisent en families et en communautés qui ont toujours rempli les fonctions sociales et économiques que l'Etat ou les firmes prétendent aujourd'hui exercer.
Le réductionnisme s'appuie sur la croyance des chercheurs qu'une science devient exacte ou adulte lorsqu'on peut la formuler quantitativement. C'est possible en physique, discipline dont les succès prestigieux lui valent de servir de modèle aux autres. On tend ainsi à expliquer la biologie, l'écologie et même la sociologie, avec les méthodes de physique. Pourtant, remarque le physicien C. F. Pantin, « la physique a pu devenir science exacte précisément parce que beaucoup de phénomènes naturels échappaient à son étude. » [15] Si donc la formation du physicien « l'oblige à ignorer les phénomènes complexes de la vie, il n'y a pas lieu, selon Paul Weiss, de rabaisser la nature pour pallier l'insuffisance de celui-ci. » [16]
Le réductionnisme perpétue la doctrine du machinisme, au sens premier, celui de René Descartes [1596-1650] et Julien La Mettrie [1709-1751), qui considèrent le monde comme mort, une simple machine passive. Cette approche bornée, explique l'auteur de la Théorie générale des systèmes, Ludwig von Bertalanffy [1901-1973), ne permet pas « de distinguer les processus physiques et chimiques à l'oeuvre dans un organisme vivant et ceux qui se déroulent dans un cadavre ; puisque tous obéissent aux mêmes lois de la physique et de la chimie. » [17] Il précise ailleurs :
« Les concepts d'organisation, d'intégration, d'orientation, de téléologie, de contrôle, d'autorégulation, de differenciation, etc. demeurent étrangers à la physique conventionnelle, qui se montrent pourtant indispensables pour traiter des êtres vivants et des groupes sociaux. » [18]
L'hypothèse Gaia du chimiste de l'atmosphère James Lovelock, en revanche, est holiste. Elle considère la biosphère avec ses prolongements géologiques et atmosphériques - autrement dit Gaia - comme semblable à un organisme vivant qui s'adapte pour maintenir sa stabilité à travers les perturbations internes et externes. Il s'agit donc d'un système cybernétique, capable de corriger les déviations qui l'éloignent de son but. Il ne s'agit plus d'une hypothèse, du reste, mais d'une thèse qui intéresse de plus en plus les scientifiques et beaucoup le public averti. [19]
La perversion de l'écologie
Nous l'avons laissé entendre, l'écologie a été pervertie, du moins dans les pays anglophones. [20] L'écologie authentique n'est plus à la mode. L'éminent Eugene Odum, disparu en 2002, était le seul scientifique holiste, à l'exception peut-être de Stanley Rowe, de l'université de Saskatchewan au Canada [21] et de Frank Golley qui pour-suit l'oeuvre d'Odum à l'Université de Géorgie.
Les écologistes anglophones font fi de l'hypothèse Gaia ou des observations de Weiss ou de Bertalanffy. Ils ne pratiquent plus la science des communautés, encore moins celle des écosystèmes. L'enseignement de l'écologie s'est transformé pour intégrer le paradigme [ou la façon de voir] réductionniste et mécaniste, et de ce fait le modernisme, qui fournit une apparence rationnelle à l'aberrante société industrielle, nécessairement éphémère.
L'écologie réductionniste pretend à l'orthodoxie. J. Collier et ses collègues nous assurent qu'elle « constitue l'un des points de vue les plus influents et généralisés de notre époque. » [22] Robert MacIntosh la qualifie de « doctrine viable et en expansion de la pensée écologique contemporaine. » [23] P. A. Colinvaux, dans son manuel, va jusqu'à taxer les conceptions holistes d'hérésie. [24]
La définition même de l'écologie a changé. Il s'agit, prétend-on, de l'étude des relations d'un organisme individuel avec son milieu. Le réductionnisme la réduit; littéralement, au statut de branche de la biologie. [25] En vérité, l'écologie, science holiste, s'intéresse à l'écosystème global qui incorpore tous les autres, autrement dit l'écosphère, pour reprendre le mot de Lamont Cole. [26]
L'écologie holiste
Les premiers écologistes ont vu dans l'écologie une métascience couronnant tous les savoirs. Barrington Moore [1893-1966] l'appelait « science de synthese ... superposée aux sciences. » Président-fondateur de l'American Ecological Society, il se demandait en 1917, devant cette société réunie à Saint Louis :
« Peut-on se contenter de rester un zoologiste, un botaniste ou un forestier qui ne comprend pas bien les problèmes des autres, ou faut-il s'efforcer de devenir un écologiste au sens large ? Le rôle que nous jouerons en science dépend de la réponse. L'avenir, messieurs, se trouve entre vos mains. » [27]
Plus près de nous, Eugene Odum prenait l'hypothèse Gaia très au sérieux. Son traité, Basic Ecology, qui fait autorité, définit l'écologie comme science de « la structure et [du] fonctionnement de la nature. » [28] Nous lui avions demandé s'il accepterait de remplacer ces termes par « structure et fonctionnement de Gaia. » Il a répondu par la positive. [29]
Sous cet angle, l'écologie déborde largement du cadre de la biologie. La sphère du vivant contient en effet des êtres biologiques, mais ceux-ci s'organisent en écosystèmes et populations, voire en sociétés et communautés, finalement en familles. De plus, comprendre ces formes d'organisation exige d'examiner les forces qui les relient entre elles ainsi qu'au tout, par exemple étudier les religions-cultures vernaculaires.
L'hypothèse Gaia est holiste. James Lovelock l'a formulée, pour expliquer la capacité du monde vivant à créer les conditions favorables à sa propre continuation. L'écosphère, selon lui, se comporte comme un être vivant qu'il appelle Gaia, du nom grec de la déesse Terre. L'écosphère, rappelons-le, comprend la biosphère et son milieu abiotique : substrat rocheux et atmosphère. C'est l'écosystème global qui englobe tous les autres.
« La plupart d'entre nous ont appris qu'on pouvait entièrement décrire le monde par la physique et la chimie » [30] s'insurge Lovelock, ce qu'il qualifie de « bonne et solide conception victorienne ». Grave erreur ... Gaia ne se conçoit qu'en termes d'organisation et de fonctions des systèmes biologiques. C'est l'un des enseignements majeurs de la thèse.
« On peut considérer que l'ensemble des êtres vivants sur Terre, des baleines aux virus, des chênes aux algues, forme une seule entité vivante, capable de manipuler l'atmosphère terrestre pour ses besoins généraux, et douée de facultés et pouvoirs bien supérieurs à ceux de ses composants. » [31]
Idéalement bien sûr, l'écologie, au sens holiste, devrait être a-disciplinaire plutôt qu'interdisciplinaire. Mais les disciplines qui divisent la connaissance ont grandi dans un isolement si complet qu'iI leur est difficile de communiquer et plus encore de se fondre en une métascience. Seule cette métascience toutefois, autrement dit l'écologie au sens de Barrington Moore et Eugene Odum, peut permettre de comprendre le fonctionnement du vivant. II faut donc repenser les sciences en vue de les intégrer à la veritable écologic.
En tout cas, si l'écologie souhaite élucider la structure et le fonctionnement de Gaia, il lui faut assimiler certains acquis dont ne disposaient pas les pionniers et que leurs successeurs bien souvent ignorent : la thèse Gaia elle-même, les travaux décisifs de Lynn Margulis, de l'Universite du Massachusetts à Amherst, sur la symbiose dans l'évolution [32] ; les écrits fortement holistes de Whitehead, de l'embryologiste et généticien Conrad H. Waddington [1905-1975), du biologiste J. H. Woodger (1844-1981) et autres membres du Club de biologie théorique, qui a fleuri dans les années 1940. Les ecrits d'autres penseurs holistes tels l'éthologiste de Cambridge W. H. Thorpe, le psychologue suisse Jean Piaget (1896-1980) et Paul Weiss, s'y trouvent aussi d'une grande portée.
Tout aussi pertinente, la fameuse Théorie générale des systèmes de Ludwig von Bertalanffy, publiée en 1960, [33] et sa variante développée indépendamment par Ross Ashby (1903-1972) à peu près a la même époque. Cette théorie se révêle indispensable au développement d'une véritable écologie, science unifiée à peu près inconnue des cercles académiques anglophones.
L'organisation de Gaia
Seule une approche holiste permet de comprendre l'organisation de Gaia. La notion même d'organisation implique, en effet, que le système étudié soit davantage qu'une somme de composants.
L'organisation se prête mal à la quantification. S. Dancoff et H. Quastler [34] ont tenté des efforts en ce sens. Mais l'organisation qu'ils mesuraient, en s'appuyant sur la théorie mathématique de Claude E. Shannon et Warren Weaver, où l'information est fonction de son improbabilité pour le récepteur, [35] n'a rien à voir avec l'organisation de l'écosphère qui nous occupe. [36] Un système comme Gaia se compose de très nombreux systèmes naturels qui s'emboîtent à différents niveaux d'organisation, depuis les molécules organiques dans la cellule jusqu'à l'écosphere.
II ne faut pas confondre les systèmes naturels avec les systèmes des ingénieurs. Nombre de définitions des systèmes naturels restent assez floues pour englober les systèmes artificiels, mais telle n'était pas l'intention de Bertalanffy et encore moins de Weiss. Celui-ci appelait système « une unite complexe dans l'espace et le temps, dont les sous-unités coopèrent afin d'en préserver l'intégrité, la structure, le comportement et pour les rétablir en cas de perturbation non destructrice. » [37]
Définition précieuse, car elle met le doigt sur les propriétes principales des êtres vivants caractère spatio-temporel, coopération entre les composants et avec le tout, capacité à restaurer leurs propriétes principales après une discontinuité, donc à contribuer à la stabilité du tout.
Lovelock a décrit Gaia en termes approchants :
« Une entité complexe comprenant la biosphère, l'atmosphère, les oceans et les sols ; l'ensemble constituant un système cybernétique ou à rétroactions, qui recherche l'environnement physique et chimique optimal pour la vie sur Terre. » [38]
Les deux definitions, on le voit, excluent donc les systèmes de la technosphère.
Force est de supposer que tous les systèmes naturels : molécules, cellules, organismes, sociétés structurées et écosystèmes peuvent se décrire en des termes voisins. A un certain niveau de généralite, leur comportement présente les mêmes traits majeurs, ce qui donne à penser qu'ils subissent les mêmes contraintes et obéissent aux mêmes lois, en accord avec la théorie générale des systèmes. S'il en va bien ainsi, cette théorie fournit un outil pour réconcilier les sciences au sein d'un savoir unifié de l'écologie.
La « hiérarchie »
Les systèmes naturels ne se répartissent pas au hasard, ils forment une hiérarchie. En effet, chacun fait partie d'un système plus vaste et, en même temps, se compose de plus petits.
Arthur Koestler (1905-1983) a essayé de montrer que le principe s'appliquait à tous les systèmes naturels, qu'il baptisait holons, le mot système étant déjà galvaudé de son temps. Il proposait Janus, le dieu romain des seuils à deux visages, l'un tourné vers l'intérieur, l'autre vers l'extérieur, comme symbole du holon au double rôle dans la hiérarchie de l'écosphère.
Malheureusement, les écologistes et les scientifiques en général éludent la question de la hiérarchie, car le terme peut connoter une société tyrannique et sclérosée. On nous assure que l'écosphère tisse un réseau en toile d'araignée (web), d'où le titre du livre passionnant de Fritjof Capra [The Web of Life). L'image cependant masque la différence cruciale entre, d'une part, les relations des composants avee le tout et, d'autre part, celles du tout avec les composants. Une fois de plus, Odum apparaît l'un des rares à souligner l'organisation hiérarchique de l'écosphère. Selon lui, l'écologie s'intéresse aux systèmes du sommet, « aux niveaux supérieurs à celui de l'organisme. » [39]
Si, comme semble-t-il nombre d'écologistes, nous devions adopter la thèse insensée du gene égoïste, [40] il faudrait admettre que les êtres vivants ne se soucient aucunement des systèmes plus vastes qui les gardent en vie ; pas plus que ne le font, en général, les membres de la non-société actuelle disloquée, à moins de posséder un nombre suffisant de génes en commun. En revanche, les hommes des sociétés adultes, [41] structurées en communautés, imprégnés comme ils le sont d'une religion ou culture cosmique, satisfont les besoins des systèmes plus vastes dont leur société participe.
Le principe se retrouve au nivean de Gaïa. L'atmosphère terrestre se distingue de celle de toutes les autres planètes observées, par son adéquation parfaite aux besoins de la vie. [42] Cette atmosphère, précise Lovelock [et c'est son apport] est une création des êtres vivants, en particulier les microbes. La thèse s'affermit de la constatation que l'air contient des gaz tels qu'oxygène et méthane, qui se neutralisent normalement :
« Nous avons de l'oxygène en abondance : 21 % de l'atmosphère, et du méthane à l'état de trace : 1,5 ppm. La chimie nous apprend que le méthane et l'oxygène réagissent à la lumière solaire et nous savons le rythme de la réaction. On peut en conclure à coup sûr que la coexistence des deux gaz réactifs, dans de telles proportions, exige un apport de méthane de 1 000 mégatonnes par an, pour compenser les pertes par oxydation. Doit de même se produire un apport annuel de 4 000 mégatonnes d'oxygène pour l'oxydation du méthane. Aucune réaction chimique connue ne peut produire ces quantités de méthane et d'oxygène à partir des matériaux bruts : eau et carbone, en utilisant l'énergie solaire. »
La conclusion s'impose : « Il doit exister à la surface de la Terre un processus capable d'assembler la séquence des intermédiaires réactifs et instables, processus programmé à cet effet. Ce processus est très probablement la vie. » [43] un processus, nous l'allons voir, hautement homéotélique.
Homéotélie et coopération
Les relations entre les systèmes vivants des divers niveaux de la hierarchie : prédation, parasitisme, compétition et cooperation [appelee mutualisme en écologie] jouent toujours un rôle aux autres niveaux de Gaïa. Cette fonction consiste à maintenir la stabilité et l'intégrité du tout, en sorte qu'eux-mêmes puissent subsister.
« L'immense majorité des processus vivants », notait Bertalanffy, « vise à la conservation du tout. Si ce n'était le cas, aucun organisme ne pourrait exister. C'est pourquoi l'on doit investiguer le rôle des processus dans la vie de l'organisme. » [44] La fonction de conservation du tout, poursuit-il, impressionnait tellement le biologiste autrichien Emil Ungerer, que ce théoricien avait nommé l'intentionnalité chez les systèmes vivants, « consideration du tout. » [45]
D'une façon symptomatique, on ne possède pas de mot pour désigner cette coopération capitale en vue de conserver l'ordre spécifique de l'écosphère. Nous l'appellerons homéotélie, du grec homoios, semblable et telos, but. [46] La chose semblait évidente à l'illustre Carl von Linné (1707-1778) :
« Les êtres vivants sont si intimement liés, si enchaînés les uns aux autres, qu'ils visent tous le même but auquel nombre de buts intermédiaires se subordonnent. » [47]
De même l'étonnant Jan Smuts (1870-1950), botaniste, général, philosophe et à ce titre, concepteur du holisme, relevait :
« On ne peut qu'être frappé par la façon dont les cellules d'un organisme non seulement coopèrent, mais coopérent dans un but précis : le développement et l'entretien de l'organisme qu'elles constituent. » [48]
Le principe vaut pour les communautés humaines. L'ethnologie fonctionnaliste, aujourd'hui démodée, soutient que la culture maintient l'intégrité et la stabilité sociales. A. R. Radcliffe-Brown (1881-1955) appelle fonction d'un comportement « la contribution à l'activité d'ensemble dont il relève », et celle d'une coutume, l'apport qu'elle fournit à la vie sociale tout entière, en tant qu'unité fonctionnelle du système social entier. En perpétuant l'organisation sociale, les cultures vernaculaires garantissent, en même temps, la stabilité écologique.
Lorsque l'on met l'accent sur l'aspect temporel d'un système naturel, qu'on cesse de le voir comme un objet de l'espace pour le regarder en tant que processus, il apparaît alors incarner une stratégie, qui coordonne une série d'étapes dans un ordre précis. Chaque étape n'a de sens qu'en tant que contribution singulière à l'ensemble.
Le développement de l'embryon au sein de la mère ne procède pas par à-coups, mais selon un plan soigneusement combiné en vue d'une fin : l'enfant à naître. Chaque stade de la succession [49] écologique participe à la réalisation du climax, état adulte de l'écosystème. Au premier abord, les étapes semblent reliées les unes aux autres ; mais c'est avec le processus total que chacune se coordonne. Ce qui se passe s'éclaircit quand on sait le but.
La coordination homéotélique est impressionnante. Les processus vivants ne se contrarient pas dans l'organisme - ni dans les sociétés vernaculaires notait Radcliffe-Brown : « La structure d'une société ne perdure que parce que la totalité des usages sociaux lui confère une unité fonctionnelle. » Il entendait par là « un état où toutes les composantes du système social travaillent de concert avec un certain degré d'harmonie ou de cohérence interne, en sorte de ne pas engendrer de conflits durables impossibles à résoudre ou à contenir. » [50] Cette conception, ajoutait-il, s'oppose franchement à celle qui voit dans la culture un rapiéçage de bric et de broc, « sans règle ni raison sociale à rechercher ». [51] Elle contredit certainement les vues des sociobiologistes.
Odum le dit précisément :
« Du fait de l'intégration et de l'interdépendance de tous les niveaux du spectre du bio-système, il n'existe pas, du point de vue fonctionnel, de limite franche ni de coupure, pas même entre organisme et population. L'organisme individuel, par exemple, ne survit pas longtemps sans la population, pas plus que l'organe, unité qui se pérennise, ne saurait survivre seul, sans l'organisme. »
C'est vrai à tous les niveaux d'organisation de l'écosphère ; de façon flagrante chez des systèmes comme les organismes, aux composants hautement intégrés, et de façon encore notable chez les écosystèmes ou les sociétés vernaculaires.
Champs morphogénétiques et de comportement
Qu'un système vivant dépende de l'environnement paraîtra évident si l'on songe que tout processus naturel, depuis la morphogenèse jusqu'au comportement d'un organisme, a besoin de recevoir des informations voire des instructions. Ces signaux ne peuvent pas surgir d'un environnement aléatoire. Ils doivent être transmis dans un milieu ordonné, comparable à celui où le système a évolué.
Cet environnement spécifique du système naturel, on l'appelle champ. Les physiciens, les premiers, ont adopté ce terme, ayant compris que la matière ne consistait pas en atomes individuels, selon la vision mécaniste de l'univers, mais en « champs » continus, selon le terme proposé par James Clark Maxwell (1831-1879). Ils ne pouvaient plus envisager l'atome comme une entité séparée. Il fallait le considérer comme une portion, infime, d'un champ de concentration d'intenses forces électriques. Pour la physique moderne, précisera Jérôme Ashmore, le champ, « concept de relation », exerce « une action organisatrice et coordinatrice » [52] sur ses constituants.
Dans les années 1920, Weiss et A. Gurwitsch ont introduit les « champs » en biologie. C'était le seul moyen, pensaient-ils, d'expliquer la forme, l'organisation, ou la différentiation des parties des systèmes vivants. « A mes yeux d'observateur de la nature », expliquait Weiss, « l'univers se présente naïvement comme un immense continuum cohérent. » [53] V. Hamberger, pionnier du concept, insistera sur l'action coordinatrice et organisatrice des champs au cours de la cicatrisation d'une blessure. [54]
Il faut se demander, dit Weiss, comment un système vivant et son champ interagissent au cours de la différenciation cellulaire :
« Les gènes de toutes les cellules restent captifs, et l'ont toujours été, d'un milieu ordonné. Si au cours de l'embryogenèse, le génome contribue aux propriétés spécifiques du milieu, en interaction avec lui, c'est en vertu du cadre primordial d'organisation du cytoplasme dans l'oeuf que se maintient, dès le départ, l'unité du projet d'ensemble. » [55]
(à savoir sa forme et son organisation). Les instructions [ici génétiques] ne sont pas conçues pour n'importe quel environnement.
En effet, les gènes ne commandent pas, « ils interagissent en coopérant avec le tout dont us font partie. » [56] Les directives qu'ils émettent ne seront suivies que par des systèmes dont l'évolution et l'éducation les préparent à les recevoir, les déchiffrer et les croire. Ceci doit être vrai de l'acquisition d'informations chez tous les systèmes vivants.
De fait, souligne Waddington :
« Aucun système de transmission ne peut réussir à transporter d'information d'un émetteur à un récepteur, si le message ne signifie rien pour le récepteur. Le développement progressif d'un enfant nouveau-né le façonne, en quelque sorte, en réceptacle d'informations et entreteneur de croyances. » [57]
Ainsi la nature de mère permet-elle d'entendre et d'interpréter les pleurs de bébé en détresse, et d'y réagir, sans quoi il ne servirait à rien de les détecter. Autrement dit, le message du nourrisson prend tout son sens dans un champ immédiat, dont la mère [58] constitue l'élément majeur. Hors de ce champ approprié, le message risque de déclencher des réactions peu adéquates, ou, dans le pire des cas, de tomber dans le vide.
C'est pourquoi il importe tant de grandir dans un milieu familial coopératif et ordonné, d'autant que les expériences des premières années se montrent décisives. Un enfant élevé hors des conditions voulues (hors du champ propre à l'éducation) tend à manifester des traits psychologiques aberrants, tels que la délinquance et la fuite du réel dans l'usage de stupéfiants ou la schizophrénie.
Comment un champ peut-il surveiller et coordonner le comportement des systèmes naturels ? Bien entendu, grâce à la hiérarchie des systèmes vivants de l'écosphère, tous tendus vers un même but [homéotéliques). II ne suffit pas d'envisager un processus vivant comme partie du système naturel qui constitue son milieu immédiat ; il faut l'appréhender dans l'environnement total de la hiérarchie des systèmes de Gaïa. Ceci vaut aussi bien pour le processus d'éducation, que pour le comportement quotidien ou pour l'évolution.
Cette façon de voir montre, en outre, la faiblesse de la théorie néodarwinienne de la sélection naturelle : un vague « environnement » anonyme aurait acquis, comme par magie, la faculté d'identifier, avec un discernement stupéfiant, les individus « les plus aptes » entendez individualistes et compétitifs. Comment cet environnement en est-il capable et pourquoi le fait-il ? Nul ne l'explique.
Mais la question s'éclaire d'un autre jour s'il s'agit de l'environnement (ou champ) extrêmement organisé de l'écosphère, qui est elle-même, ainsi que ses sous-systèmes, munie de mécanismes de régulation de l'homéotélie du comportement de ses parties. Nous appelons ce principe d'organisation homéarchie, du grec homios [même] et archie [gouvernement). On peut considérer l'homéarchie comme une forme de causalité holiste, anti-reductionniste.
Weiss dresse la liste des dispositifs de coordination et de contrôle des cellules par l'organisme : « Système nerveux, système hormonal, maintien homéostatique de la composition des fluides corporels. » [59] Eugène Odum considère que les écosystèmes disposent de mécanismes perfectionnés pour diriger leurs composants.
« Des systèmes de rééquilibrage et de contre-poids amortissent les oscillations à tous les niveaux, écrit-il. Il n'agissent pas seulement chez les organismes dont on sait qu'ils gardent la temperature à peu près stable travers les fluctuations du milieu. » [60]
En fait l'environnement exerce un contrôle considérable. A leur naissance, les soussystèmes sont jusqu'à un certain point des individus homogènes, dotés d'un grand potentiel, mais incapables de composer entre eux un système viable, différencié et organisé, apte à conserver sa stabilité dans la hierarchie de Gaïa. Qu'il s'agisse de cellules ou d'êtres humains, c'est ce qu'il va leur falloir apprendre. L'apprentissage, au sens large, se déroule toujours dans le contexte d'une totalité englobante dont il faut devenir les parties différenciées et homéotéliques.
Selon Paul Weiss, la structure générale d'un système naturel reflète un quasi déterminisme (macro determinism) tandis que ses particularités restent indéterminées (micro indeterminism). Les composants connaissant une certaine latitude (qu'il revient au tout de limiter), ils peuvent demeurer homéotéliques avec Gaïa.
L'homéarchie relève plus de la régulation que du contrôle. Les sociétés vernaculaires, par exemple, n'obligent pas les gens à contrarier leurs inclinations, mais les régulent. De la sorte, leur comportement reste homéotélique à la famille, à la communauté, à la société et au cosmos dans lesquels ils ont évolué et auxquels ils se trouvent adaptes, biologiquement, psychologiquement et cognitivement. La limitation des conduites héterotéliques comme la surchasse et l'épuisement des ressources naturelles passe par les schémas culturels, ce qui n'est malheureusement pas le cas de notre société de masse atomisée.
C'est « l'autorité de la tradition », dit Robert Nisbet, qui, dans une société vernaculaire, exerce un contrôle, « tellement imbriqué dans l'étoffe de la tradition et des moeurs qu'on ne le remarque pas plus que l'air qu'on respire. » [61] Sans l'autorité d'une tradition, les hommes ne sauraient participer au maintien de l'ordre précieux de l'écosphère. Les pouvoirs économiques et politiques, en revanche, contribuent à détériorer cette organisation. Au lieu que la société régule le comportement de ses membres, ils imposent de l'extérieur un contrôle artificiel hétérarchique, pour satisfaire des intérêts à court terme en conflit avec ceux de la société, de ses membres et du monde naturel.
La préservation du tout par les parties (homéotélie) et le contrôle qu'exerce le tout sur elles (homéarchie), ou les deux faces de Janus, ne sont que deux manières de décrire le phénomène : une loi du monde vivant veut que le comportement qui sert le tout serve également les composants. Sans quoi, il n y aurait pas de tout viable. Il s'agit de la loi du mutualisme hiérarchique.
Ce mutualisme assure la cohérence interne et externe ainsi que la stabilité des systèmes naturels à tous les niveaux de complexité, permettant a Gaïa de se maintenir, globalement, au climax.
Notes
| 1. | F. E. Clements et V Shelford, Bio-Ecology, 1930, New York, Wiley. Dès 1877, le biologiste allemand Karl August Möbius, qui étudiait la disparition des bancs d'huîtres du Sehleswig Holstein, s'aperçut du rôle des interrelations entre tous les organismes marins. Il appela ces communautés biocoenoses ; le terme est resté en allemand et en français [cf. Dominique Lecourt, Dictionnaire d'histoire et philosophie des sciences, P.U.F Paris 1999, ou Paul Ozenda, Les végétaux dans la biosphère, 1982, Doin Paris). |
| 2. | Par écologiste, on entend ici tout spécialiste de l'écologie le lecteur verra d'aprês le contexte s'il s'agit d'un scientifique, d'un militant de l'écologie, ou, mieux, des deux à la fois, comme François Ramade et le regretté Eugene Odum. |
| 3. | Arthur Tansley, "The Classification of Vegetation on the Concept of Development", Journal of Ecology 2, p.202-4. |
| 4. | Stephen A. Forbes, "The Lake as a Microcosm", Bulletin of the Science Association of Peoria, Illinois 1887, p.177-87. |
| 5. | Charles, C. Adams, "The New Natural History, Ecology", American Museum Journal 7, p.491-4. |
| 6. | A. Thienemann, "Lebengemeinshaft und Lebensraum", Naturwissenschrift, 1918 N. F 17, p.282-90, 297-303. |
| 7. | Climacique : au climax, état de maturité auquel tend l'écosystème. |
| 8. | Frederick C. Clements, Plant succession an analysis of the development of vegetation. Publication n° 242, Washington DC, 1916. |
| 9. | F. S. Bodenheimer, "The Concept of Biotic Organization in Synecology" in F. Bodenheimer (éd.), Studies in Biology and its History. Jerusalem, Biological Studies Publishers, p.75-90. |
| 10. | W. H. Thorpe, Science, Man and Morals. 1965, Londres, Methuen. |
| 11. | ADN Acide désoxyribonucléique. |
| 12. | Jacques Monod, Theodosius Dobzhansky in Francisco. J. Ayala & T Dobzhansky, 1971. Studies in the philosophy of biology, University of California press, Los Angeles. |
| 13. | A. N. Whitehead, Science and the Modern World, 1948. Cambridge University Press. |
| 14. | P. Weiss, "The Living System" in Arthur Koestler et J. R. Smythies (éds.), Beyond Reductionism. 1970, Londres, Hutchinson. |
| 15. | C. F Pantin, The Relation between the Sciences, 1968, Cambridge University Press. |
| 16. | P. Weiss, op.cit. |
| 17. | Ludwig von Bertalanffy, "General Systems Theory", in Problems of General Systems Theory. 1960, Toronto. |
| 18. | Idem (nous soulignons). |
| 19. | Un exemple parmi d'autres, la conférence du Pr. Jean Génermont du 12 mai 2001, organisée par l'Association française pour l'avancement des sciences, intitulée : « L'hypothèse Gaia de l'autorégulation du système Terre, face à la théorie de l'évolution. » |
| 20. | Cf. l'article « Qu'est-il advenu de l'écologie » ? dans ce dossier, du même auteur. |
| 21. | D. Worster, Nature's Economy traduit par Les Pionniers de l'écologie, 1992, Paris, Ed. Le Sang de la Terre. |
| 22. | J. Collier et at., cité par D. H. Boucher et at. (éds.) The Biology of Mutualism, 1986, Londres, Croom Helm. |
| 23. | Robert Mc Intosh, "The background and some current problems of theoretical ecology", Synthese 43, p.195-255. |
| 24. | P. A. Colinvaux, Introduction to Ecology. 1973, New York, Wiley. |
| 25. | Lettre d'Eugene Odum à Edouard Goldsmith, 29 juillet 1998 : « Votre livre ne reçoit pas en Angleterre l'attention qu'il mérite par ce que les écologistes de votre pays ne comprennent pas que l'écologie n'est plus une subdivision de la biologie, mais une discipline autonome qui s'occupe de l'integration des organismes, de l'environnement physique et des hommes. La bande de biologistes de l'évolution qui domine l'écologie, s'imagine que l'on pourra sauver le monde espèce par espèce ... » |
| 26. | Selon Jacques Grinevald, Vernadsky (1863-1945) incluait dans le terme biosphère le substrat rocheux et l'atmosphère mais cet usage n'est pas général et pour plus de clarté nous préférons écosphère. Cf. Jacques Grinevald "Sketch for a history of the idea of biosphere" in Bunyard et Goldsmith éd. Gaia, the Thesis, the Mechanism and the Implications, 1988. |
| 27. | Barrington Moore, Presidential address to St-Louis Branch of American Society of Ecology, 1917. |
| 28. | E. Odum, Fundamentals of Ecology. 1953, Saunders, Philadelphie. |
| 29. | E. Odum, communication personnelle |
| 30. | James Lovelock, Gaia, a new look at life on Earth. Oxford University Press, 1979. Traduction française, La Terre est un être vivant, Le Rocher, 1986. |
| 31. | Idem. |
| 32. | La thèse de Lynn Margulis que la cellule eucaryote dérive d'une fusion de ses éléments constitutifs est vulgarisée dans son livre Microcosmos (Simon & Schuster, 1986) traduit sons le titre L'Univers Bactériel chez Albin Michel. En France cette thèse est largement reconnue cf. l'excellent La Symbiose, de Marc-André Sélosse du Muséum National d'Histoire Naturelle (éd. Vuillard, Paris, 2003). |
| 33. | L. Von Bertalanffy, Théorie générale des systèmes: physique, biologie, psycho!ogie, sociologie. Dunod, Paris 1973. Réédition 1993 avec une préface d'Erwin Lazlo. |
| 34. | S. M. Dancoff et H. Quastler, « The Information Content and Error Rate of Living Things," in Quastler éd., Information Theory of Biology, 1953. |
| 35. | Claude E. Shannon et Warren Weaver, The Mathematical Theory of Communicution. University of Illinois Press, Urbana 1949. Traduction française, La Théorie mathematique de la communication. Retz, Paris, 1975. |
| 36. | Edouard Goldsmith, Le Tao de l'écologie. Editions du Rocher, Paris 2002. annexe 11: « Qu'est-ce que l'information » ? |
| 37. | P. Weiss, op.cit [nous soulignons). |
| 38. | J. Lovelock, op. cit. |
| 39. | E. Odum, op. cit. |
| 40. | Cette thèse de Richard Dawkins présume les êtres vivants à l'entier service de leurs « genes egoistes » |
| 41. | Ou société « au climax, » par analogie avec l'état adulte des écosystèmes. |
| 42. | Peut-être faut-il préciser vie aérienne. Lovelock a publié sa thèse en 1979, à la suite d'une étude sur la vie extra terrestre pour la NASA. Vingt ans plus tard, Thomas Gold estime qu'il existe une vie microbienne dépendant du carbone sous la surface de Mars et à grande profondeur sous Terre. Cf. Thomas Gold The Deep Hot Biosphere. Springerverlag, New York, 1999. |
| 43. | Lovelock, op.cit. |
| 44. | L. von Bertalanffy, Modem Theories of Development. New York, 1933. |
| 45. | E. Ungerer, cité par L. von Bertalanffy, ibid. |
| 46. | Naturellement, les processus vivants ne sont pas toujours homéotéliques. Ils peuvent se montrer héterotéliques, autrement dit erratiques, égarés ou anormaux lorsqu'ils tendent à satisfaire les intérêts à court terme de l'individu plutôt que ceux à long terme d'un tout. |
| 47. | E. Goldsmith, op.cit. [nous soulignons). |
| 48. | Ibid. |
| 49. | Succession : suite des étapes conduisant au Climax ou état adulte de I'écosystème, voir plus loin. |
| 50. | A. R. Radcliffe-Brown, Structure and Function in Primitive Society. Cohen & West, Londres 1965. Traduction fr. Structure et fonctionnement dans la societe primitive, éd. De Minuit, 1972. |
| 51. | Idem. |
| 52. | Jerome Ashmore, "Technology and the humanities", Main Currents in Modern Thought Vol. 22, 1966. |
| 53. | Paul Weiss, A Science of Life. Futura Publishing, New York 1973. |
| 54. | V. Hamberger, 12.9.35, "Regeneration". Encydopaedia Britanica, vol XIX, Londres. |
| 55. | P. Weiss, "The Living System, Determinism Stratified" dans Beyond Reductionism, Koestler et Smythies Hutchinson, Londres 1972. |
| 56. | Idem. |
| 57. | Conrad H. Waddington, Towards a Theoretical Biology. Vol 2, Edinburgh University Press, Edimbourg, 1959 [nous soulignons). |
| 58. | La mère ou celle qui en remplit le rôle : un enfant maori appelle « Maman » cinq ou six femmes et circule librement dans le village très solidaire où il grandit. |
| 59. | P. Weiss, op.cit. |
| 60. | B. C. Patten et Eugene Odum "The Cybernetic Nature of Ecosystems". American Naturalist 118, 1981. |
| 61. | E. Goldsmith. op.cit, p. 259. |



